Les ressources minérales

Les Ressources en Nickel et Cobalt

Le nickel est une des plus importantes richesses de la Nouvelle-Calédonie. En effet depuis 2003, une forte recrudescence économique est due avant tout à l’envolée du cours du nickel sur les marchés internationaux dont l'économie calédonienne reste encore largement tributaire. Le nickel est plus que jamais le centre des enjeux économiques, politiques et humains de la Nouvelle-Calédonie.

Contexte

La Nouvelle-Calédonie est constituée, sur plus de 8000 km², de massifs de roches ultrabasiques dont la mise en place s’est faite à l’Eocène supérieur par obduction sur un substratum volcano-sédimentaire. L’altération supergène généralisée a favorisé la redistribution et la concentration du nickel et du cobalt dans les horizons de saprolites grossières (hôte des minerais silicatés, ou minerai saprolitique ) et de saprolites fines (hôte des minerais oxydés, ou minerai latéritique) où ils sont principalement portés par les oxy-hydroxydes de fer et de manganèse supergènes. La Nouvelle- Calédonie historiquement exploite et traite en pyrométallurgie des minerais saprolitiques plus ou moins basiques (teneur en Mg), à une teneur actuelle de coupure au dessous de 2.5 % Ni- Co. Depuis une quinzaine d’années, l’activité minière s’est tournée vers les minerais latéritiques grâce au développement des techniques hydrométallurgiques qui permettent de traiter rentablement des minerais oxydés riches en fer (1.7% Ni-Co). Cette demande et le développement de nouveaux projets hydrométallurgiques (Vale Nouvelle-Calédonie), permettent d’envisager une valorisation des réserves de minerai de Nouvelle-Calédonie actuellement estimées à 25-30% des ressources mondiales.

Rôle et missions

Les gisements actuels de nickel latéritique dans le monde qui peuvent déboucher sur un projet économique représentent des réserves d'un ordre de grandeur supérieur à 200 millions de tonnes de minerais. C’est donc à une échelle plurikilométrique qu’il convient d’aborder la problématique. Dans cette optique, les mineurs ont le besoin d’outils de prospection adaptée ainsi que de mieux appréhender la géométrie des minerais latéritiques au sein de ces profils d’altération et de cerner les facteurs locaux et/ou régionaux qui gouvernent la mise en place de ces « minéralisations ». La cartographie du régolithe et la connaissance des ressources associées font l’objet d’une thèse au sein du Service Géologique de Nouvelle-Calédonie.

Cette thématique s’adresse principalement au secteur privé (compagnies minières et bureaux d’études) mais aussi au Gouvernement.
Secteur privé : guides de prospections (métallotectes), homogénéisation des connaissances des mineurs et nouveaux outils de prospection (télédétection hyperspectrale, radiométrie, etc. Voir « Régolithe »).
Gouvernement : Meilleure connaissance des ressources minérales non estimées sur le territoire.

Méthodes

Profil latéritiqueL’établissement de guides de prospection pour les gisments de Nouvelle-Calédonie repose sur la caractérisation pétrographique, minéralogique et géochimique des trois compartiments principaux des manteaux d’altération sur péridotites
(saprolite grossière, saprolite fine inférieure « latérite jaune », saprolite fine supérieure
«latérite rouge ») dans différents contextes :
- lithologiques (harzburgite/dunite/pyroxénite ; importance relative des filons de roches acides ; degré de serpentinisation) ;
- morphotectoniques (surfaces géomorphologiques porteuses, degré de dissection et d’incision des surfaces, densité de fracturation des masses péridotitiques) ;
- hydrogéologiques (qualité du drainage : perméabilité/conductivité des trois compartiments, connectivité de la porosité, dynamique karstique).
Le but de ce travail est de déterminer le mode et la cinétique de genèse des minerais latéritiques, leur variabilité spatiale à l’échelle d’un massif et d’un massif à l’autre, et par conséquent les conditions lithologiques, morphotectoniques et hydrogéologiques optimales de la minéralisation Ni/Co dans les latérites (saprolites fines jaunes).

Pour plus d'informations consulter les Projets de la thématique "Régolithe".

Les Hydrocarbures

Potentiel à terre

Affleurement des charbons sénoniens (roche mère)Les études de Pomeyrol [1951] et Vially et Mascle [1994] ont démontré qu’il existait un système pétrolier en Nouvelle-Calédonie. Ces auteurs montrent notamment que la roche mère est constituée de charbons d’âge Sénonien (voir photo ci-contre), présents dans l’ensemble des bassins Crétacé à terre bordant la côte Ouest de la Grand Terre (bassin de Nouméa, bassin de Moindou-Bourail). Le réservoir est constitué soit par les alternances gréso-pélitiques Crétacé soit par les flyschs Eocène. La couverture est assurée par les niveaux argileux de ces mêmes flyschs ou bien par les séries allochtones de la nappe des basaltes (unité de Poya) ou des péridotites. Les pièges sont constitués par des structures anticlinales en relation avec l’épisode compressif Oligocène. Des indices de gaz ont été trouvés dans le forage Cadart-1 à Gouaro dans la région de Bourail (2000) ainsi qu'au Ouen-Toro à Nouméa dans le forage « du pétrole » (1908) et à la "mine d'huile" de Koumac (1896). Aucune accumulation suffisante d’hydrocarbures permettant une production commerciale n’a cependant été localisée à ce jour.

Potentiel en mer

Suite aux études effectuées à terre et de par la présence de bassins sédimentaires au large de la Nouvelle-Calédonie, la recherche de cibles pétrolières en off-shore a débuté à partir de 1998 dans le cadre du programme ZoNéCo. Les données d’exploration pétrolière des années 1970 qui ont permis la découverte de ces bassins sédimentaires n’imageaient qu’une mince partie de la couverture sédimentaire totale, sans jamais atteindre le socle sous-jacent.

A partir de 1998, l’acquisition de données modernes de sismique-réflexion multi-trace a permis de mettre en évidence d’importantes séries sédimentaires dans les bassins au large de la Nouvelle-Calédonie (Bassin de Nouvelle-Calédonie, Bassin de Fairway et Bassin Sud-Loyauté). La nature continentale étirée du Bassin de Fairway et l’existence de structures en horst et graben dans la partie profonde du Bassin Nord de Nouvelle-Calédonie ont ainsi été découvertes.

Un Bottom Simulating Reflector (BSR) a aussi été mis en évidence et interprété comme étant la base de stabilité d’une zone d’hydrates de gaz [Auzende et al., 2000a] ou comme le marqueur d'un front diagénétique[Nouzé et al., 2009]. Des structures intra-sédimentaires à caractère diapirique ont aussi été mises en évidence dans les bassins de Fairway et Ouest-Calédonien qui pourraient constituer de bons pièges structuraux.

Il est aussi important de noter que :

- les structures géologique de la ZEE de la Nouvelle-Calédonie sont continues avec les structures géologiques pétrolifères du Bassin de Taranaki en Nouvelle-Zélande qui produit des hydrocarbures depuis plus de 30 ans[Exon et al., 2007; Collot et al., 2009],

- la marge Ouest de la Ride de Lord Howe à l'extrémité Ouest de la ZEE est le conjugué de la marge Est Australienne le long de laquelle se trouve le Bassin pétrolifère de Gippsland producteur d'hydrocarbures.

 

Le Bassin de Taranaki en Nouvelle-Zélande

En Nouvelle-Zélande et dans le Bassin de Taranaki, la roche-mère est constituée par les charbons paraliques et les argiles charbonneuses du Crétacé supérieur-Eocène selon Cook [1987] et le site internet du Ministère du Développement Economique de la Nouvelle-Zélande. Les séries sus-jacentes, d'origine marine, ne présentent pas de fortes potentialités pétrolières. Les réservoirs productifs correspondent à des grès anté-Eocènes et Oligocènes. Il existe donc des similitudes entre le système pétrolier du bassin de Taranaki et le système pétrolier de la côte Ouest néo-calédonienne. En particulier, la nature et l'âge de la roche-mère et de la roche réservoir sont les mêmes qu'en Nouvelle-Calédonie.

Le Bassin de Taranaki présente l’avantage de se trouver à cheval entre la côte Ouest de l’île du Nord de Nouvelle-Zélande et la plateforme continentale à des profondeurs d’eau inférieures à 200 m. Il en résulte la présence de 59 forages à terre et 42 forages en mer, dont 13 en production et 7 en sub-production. Selon TagOil , la compagnie pétrolière qui exploite une partie des champs pétroliers du bassin de Taranaki, les réserves récupérables de ce bassin sont établies à 7 trillions de pieds-cubes de gaz et 500 millions de barils de pétrole.

Pour en savoir plus sur le bassin de Taranaki.

Pour plus d'informations consulter les Projets de la thématique "Geosciences Marines".

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