Les risques naturels

Contexte

Filonnet de chrysotile dans serpentiniteLa Nouvelle-Calédonie est sous forte contrainte géologique et climatique. Avec son fort relief et un climat propice aux cyclones, ce sont les risques naturels encourus par les populations qui sont préoccupants. Avec un tiers du territoire constitué de roches ultrabasiques riches en métaux lourds et en amiante, ce sont des problèmes de santé publique sensibles à affronter.


Le risque R est classiquement défini de manière théorique comme le produit de l'aléa naturel A par les enjeux ou plus exactement leur vulnérabilité V.

Risque = Aléa x Vulnérabilité

 

Selon une telle équation, un aléa très important en plein désert entraîne un risque nul, ou à l'opposé un aléa modeste peut entraîner un risque énorme dans une zone à fort enjeu (barrage, installations classées, forte densité urbaine, usine…). L'aléa relève donc de la sphère privilégiée de la recherche, le risque appartient à la sphère du politique. Si les centres d'intérêt sont distincts, les deux sphères se recoupent dans un espace de concertation, le but ultime étant la protection des biens et des personnes à travers une politique de prévention et une règlementation. Si le couplage ne se fait pas entre les deux milieux, recherche et politique, tout travail scientifique est sans but.


Les risques naturels sont généralement regroupés en risques hydroclimatiques liés aux enveloppes fluides de la planète et risques telluriques liés aux enveloppes solides. Concernant la Nouvelle-Calédonie on peut établir la liste suivante (non hiérarchisée) :

-  Risques hydroclimatiques :

  • les inondations,
  • le risque cyclonique,
  • la submersion marine par les houles et vagues de tempête,
  • la remontée du niveau de la mer dans le cadre du changement climatique,
  • les feux de forêt.

-  Risques telluriques :

  • le risque sismique,
  • les mouvements de terrain et érosion des sols,
  • les tsunamis,
  • l'amiante environnemental.

Le SGNC et les risques naturels

L'aléa "amiante environnemental"

Filonnet de chrysotile dans serpentiniteContexte :

La spécificité de la géologie de la Nouvelle-Calédonie a pour conséquence la présence dans son milieu naturel d'amiante dont la nocivité pour l'organisme humain est reconnue puisque l'incidence de certaines maladies, dont le mésothéliome, y est plusieurs centaines de fois plus importantes qu'en métropole. Ce problème de santé publique concerne à la fois la population et les milieux professionnels.

Rôle et missions :

Le SGNC est membre du groupe de travail gouvernemental "amiante environnemental" depuis sa création en 2005. A ce titre, son rôle est de guider les choix des responsables politiques pour la protection des populations à partir d'un socle de connaissance consolidé en permanence. Il s’exerce tant au niveau du service public (base de données amiante, inventaires systématiques, atlas typologiques) que de la recherche et développement (mise au point d’un capteur géophysique dédié, étude du contrôle géologique des minéraux fibreux).

Méthodologie :

Le SGNC intervient à plusieurs niveaux :
- connaissance géologique générale de l'aléa,
- conseil et expertise auprès des décideurs,
- appui aux actions de remédiation,
- appui à l'élaboration d'une réglementation spécifique,
- diffusion des connaissances et formation des personnels concernés.

Actions réalisées :

Les travaux du SGNC couvrent tous les domaines de connaissances depuis l'aléa (connaissance des phénomènes) jusqu'au risque (impact sur les populations) :
- participation aux réunions du groupe de travail gouvernemental "amiante environnemental".
- participation au comité de pilotage DIMENC "amiante dans la filière minière".
- gestion des "alertes amiante" avec la DASS.
- amélioration de la cartographie des terrains potentiellement amiantifères.
- nombreuses études sur la connaissance de l'aléa en collaboration avec le BRGM
- inventaires des carrières en serpentinite.
- inventaires communaux des sites aménagés potentiellement amiantifères.
- préconisation des travaux pour la réduction du risque d’exposition dans les zones aménagées amiantifères en collaboration avec le BRGM.
- formation des personnels du secteur public (administration) et privé (bureaux d'étude, mineurs).
Depuis 2005, le SGNC a contribué à accroitre les connaissances sur ce risque naturel. Aujourd'hui, les phénomènes (aléas) sont mieux compris, les zones sensibles (risques) mieux cernées, ce qui a permis de passer du stade de la connaissance à celui de la remédiation et de participer à l'élaboration d'une nouvelle réglementation. Le SGNC avec le BRGM a été le premier à montrer qu'il pouvait y avoir de l'amiante environnemental en domaine minier. Le SGNC s'est équipé d'une chaîne de traitement et d'observation des échantillons qui permet de déboucher sur des diagnoses fiables (labo spécifique, microscope optique, DRX en liaison avec l'UNC, liaison avec des laboratoires métropolitains accrédités pour la microscopie électronique).

Actions à venir :

Elles consistent à poursuivre les actions engagées :
- réalisation des inventaires communaux sur l’ensemble des communes concernées,
- intégration de la cartographie de l’aléa dans les PUD en cours d’établissement ou de révision,
- assistance aux projets de remédiation,
- mise au point d’un capteur géophysique.

Partenaires :

Au plan des actions de service public, le SGNC est en relation avec tous les membres du groupe de travail: DASS, DTE, DIMENC/Service Mines et Carrières, mais aussi avec la DITTT, l'ADRAF, les services aménagement des provinces (DAF, DEPS) et les communes.
Au plan de la recherche, le SGNC a entrepris de nombreuses études avec le BRGM mais aussi le CNRT et l’Université de Nouvelle-Calédonie.
Enfin cette thématique met le SGNC en contact avec les compagnies minières, les bureaux d’étude en géologie, les professionnels du BTP ainsi que des associations telles que l'ADEVA-NC ou le WWF.

Les aléas mouvements de terrain et érosion

Zones de glissements - Mont-Dore (source : GeoEx)Les aléas mouvement de terrain et érosion ont été étudiés en Nouvelle-Calédonie entre 1999 et 2006 avec l'étude de douze zones d'intérêt économique réparties en Province Nord et Sud.

Le facteur intrinsèque primordial des mouvements de terrain du territoire est d'ordre géologique combiné à un facteur déclenchant d'ordre climatique (cyclones, dépressions tropicales). Dans la grande majorité des cas, les désordres résultent de la conjonction des mêmes facteurs : intense altération des roches en climat tropical, fortes pentes du milieu montagneux, évènements pluvieux cycloniques qui préparent et déclenchent des phénomènes d'instabilité parfois originaux. L'un des traits géologiques fondamental de la Grande Terre est constitué par les massifs de péridotites. La plupart des risques naturels dangereux leur sont liés.

On distingue fondamentalement deux types de contextes :

- les aléas dans le contexte du substrat volcano-sédimentaire,
- les aléas dans le contexte des massifs de péridotites.

Dans le substrat volcano-sédimentaire les désordres sont d'ampleur limitée en nombre et en intensité. On relève des glissements, des glissements – coulées. Les problèmes se posent souvent en termes de géotechnique et de stabilité de fondations. On constate cependant l'occurrence fréquente de phénomènes de liquéfaction, liés à de très fortes précipitations, accroissant la dangerosité des phénomènes. De très importants écroulements sont également décrits, totalement imprévisibles.

Dans les massifs de péridotites, l'éventail typologique est plus varié, parfois original. On relève des glissements rotationnels ou translationnels, des coulées de débris nombreuses et des laves torrentielles. Les grandes quantités de matériaux mobilisables, boueux et rocheux, et les dénivelés importants génèrent des phénomènes puissants et de grande ampleur. Les phénomènes les plus dangereux sont constitués par des laves torrentielles. Ces phénomènes destructeurs doivent être redoutés.

L'inventaire systématique des mouvements de terrain qui a été réalisé va de pair avec un effort de recherche sur la genèse des formations d'altération, hôtes de tous les désordres.

La prise en compte du risque mouvement de terrain peut se faire à travers les Plans d'Urbanisme Directeur (PUD).

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