L’innovation au rythme de la transition énergétique

L’ombrière de panneaux photovoltaïques installée à l’aéroport international de La Tontouta couvrira 517 places de stationnement, soit 91 % de la capacité du parking.
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À l’occasion d’une matinée marathon dédiée aux énergies renouvelables, Christopher Gygès, membre du gouvernement en charge de l’énergie, a souhaité faire un point d’étape sur les derniers projets de fermes solaires sélectionnés par le gouvernement. La présentation, s’est tenue à l’aéroport international de La Tontouta, lieu d’implantation de l’une de deux centrales photovoltaïques.

 « Nous avançons beaucoup plus vite que prévu », s’est réjoui le membre du gouvernement en guise d’introduction, « l’objectif 100 % d’autonomie en matière de distribution publique d’énergie électrique d’ici à 2030 sera atteint dès 2023 ». Une priorité pour le gouvernement, qui souhaite également que la porte d’entrée de la Nouvelle-Calédonie – l’aéroport international de La Tontouta– puisse traduire l’engagement du territoire à participer, aux côtés de près de 180 pays signataires de l’Accord de Paris, à l'effort de lutte contre le réchauffement climatique et de réduction des gaz à effet de serre.

 

Christopher Gygès, en charge de l’énergie au gouvernement, Cédric Catteau, vice-président en charge des services de la CCI-NC, Stefan Sontheimer, directeur de Quadran Pacifique, et Emmanuel Vincent, directeur de Sunzil.
Christopher Gygès, en charge de l’énergie au gouvernement, Cédric Catteau, vice-président en charge des services de la CCI-NC, Stefan Sontheimer, directeur de Quadran Pacifique, et Emmanuel Vincent, directeur de Sunzil.

 

 

Vitrine des ambitions calédoniennes

Premier projet adopté par le gouvernement : une vaste ombrière de 8 000 m2 composée de 7 590 panneaux photovoltaïques anti-reflets directement implantée au-dessus du parking public de l’aéroport international de La Tontouta. Une première à l’échelle de la région Pacifique, portée par l’agence Pacifique de TOTAL Quadran, avec le soutien étroit de la Chambre de commerce et d’industrie de la Nouvelle-Calédonie (CCI-NC). « Ce projet satisfait les objectifs ambitieux du schéma de transition énergétique du gouvernement, qui trouve ainsi une vitrine inédite à la porte d’entrée du territoire » a lancé Christopher Gygès. Pour le versant innovation, Stefan Sontheimer, directeur de Quadran Pacifique, a précisé que les panneaux seraient composés de modules bifaces qui captent le rayonnement solaire par les deux côtés. « On couple la production d’une énergie propre avec un service aux usagers, qui bénéficieront d’un véhicule rafraîchit grâce à l’ombre produite, comme d’un éclairage nocturne et d’une protection contre la pluie » a-t-il également indiqué. Au sol, sur un terrain inoccupé, viendront s’ajouter 17 000 m² de panneaux solaires. Le projet prévoit enfin l’implantation de deux bornes de recharge pour véhicules électriques, un coup de pouce supplémentaire au développement de l’écomobilité promue dans le cadre du plan Tontouta Mouv’ porté par la CCI-NC (voir encadré ci-dessous).

Allier production d’énergie et compostage des déchets verts

Deuxième projet retenu par le gouvernement et porté par Sunzil : une ferme solaire juxtaposée à une plateforme de compostage. « Ce sont 30 000 tonnes de déchets verts non valorisés, et transportés par la Calédonienne de Services Publics (CSP), qui pourront ainsi être transformés en 3 000 tonnes de compost par an » a expliqué Emmanuel Vincent, directeur de Sunzil. Le caractère novateur de ce projet, implanté à Nakutakoin, repose sur la mutualisation de deux activités, apparemment sans rapport, qui a permis de partager les coûts du foncier et du personnel. Au final, deux emplois à temps pleins créés, la mise à disposition gracieuse de compost auprès des agriculteurs, et un projet pilote qui pourra potentiellement être dupliqué dans d’autres communes. Sans compter que cette initiative permet d’envisager une diminution de l’importation de terreau, massive en Nouvelle-Calédonie.

Relancer l’économie grâce à la transition énergétique

Le membre du gouvernement en charge de l’énergie, qui porte également la casquette de la relance économique, n’a pas manqué de se réjouir du poids représenté par les deux projets : 740 millions de francs au total injecté dans l’économie et cinq emplois à temps plein créés. En guise de conclusion, il a glissé que le gouvernement ferait très prochainement des annonces relatives à une orientation beaucoup plus verte des moyens de production d’électricité pour le secteur de la mine et de la métallurgie. Une activité qui représente 75 % des besoins énergétiques de la Nouvelle-Calédonie.

Les deux projets en chiffres
- 6 MWc répartis à parts égales entre les fermes solaires.
- Une production annuelle d’énergie électrique équivalente à la consommation de 8 200 foyers calédoniens.
- Une réduction globale des émissions de CO2 estimée à 8 458 tonnes par an.
La sélection des projets de fermes solaires 
L’instruction par la direction de l'Industrie, des Mines et de l'Énergie de la Nouvelle-Calédonie (Dimenc) des demandes d’installation de centrales solaires se fait de façon groupée depuis 2017, afin que les services du gouvernement puissent choisir les meilleurs projets au regard des intérêts du territoire. Depuis la mise en place de cette procédure, 21 projets pour une puissance installée de 104 MWc ont été retenus. Différents critères entrent en ligne de compte : le prix de revente de l’électricité au réseau électrique, la création d’emplois, le caractère innovant de l’installation, etc.